Pourquoi la fidélisation des salariés commence dès leur intégration?
Malgré un ralentissement des intentions d'embauche, les tensions de recrutement demeurent une réalité pour de nombreuses entreprises puisque 43,6% des projets d’embauche en 2026 sont encore jugés difficiles pour les employeurs (enquête Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail).
De ce fait, la capacité à fidéliser les collaborateurs devient un enjeu aussi important que leur recrutement car attirer un candidat ne veut pas dire qu’il restera dans l’entreprise.
Sommaire :
La signature du contrat de travail ne suffit pas à assurer son engagement ni sa fidélité sur le long terme. D’après le rapport State of the Global Workplace 2025 de Gallup, seuls 8% des salariés français se déclarent engagés dans leur travail, contre 12% en moyenne en Europe.
Pour Katy Bertrand, Chargée de recrutement et de développement des compétences au sein de l’agence Grand Lille d’Alliance Emploi :
“L'intégration conditionne l'engagement et la fidélisation du salarié qui rejoint l'entreprise. C'est un peu l'équivalent de la première impression : elle est importante.”
Alors, pourquoi la fidélisation commence-t-elle dès l'intégration? Et comment les entreprises peuvent-elles transformer cette étape en véritable levier d'engagement?
La fidélisation commence avant même l’arrivée du salarié
L’intégration est souvent réduite à une journée d’accueil. Pourtant, comme le souligne Gaëtane Caesens, docteure en sciences psychologiques et chargée de cours à l'UCLouvain :
“L’ intégration gagne à être abordée avant l'entrée en fonction, durant les différentes étapes de sélection et au début de l'entrée en fonction des nouvelles recrues.”
Katy Bertrand, Chargée de recrutement et de développement des compétences au sein de l'agence Alliance Emploi Grand Lille, observe elle aussi l’importance de cette phase préparatoire :
“C'est vraiment tout l'accompagnement. Si dès le départ, même pendant le processus de recrutement, il y a un accompagnement sur les questions qui sont posées, sur l'entretien ou sur le déroulé des différentes étapes, cela aide déjà le salarié à se projeter.”
Autrement dit, la fidélisation se construit bien avant l’arrivée du salarié dans l’entreprise.
Les échanges menés pendant le recrutement, la qualité de l’accompagnement, la transparence sur le poste ou encore la préparation de l’arrivée du collaborateur (préparer son badge, ses équipements de sécurité…) contribuent déjà à façonner sa perception de son futur employeur.
Les premières semaines sont décisives pour les collaborateurs
Si l’intégration commence avant même l’arrivée du salarié, les premiers mois qui suivent sa prise de poste restent particulièrement déterminants.
Cette période correspond à la découverte d’un nouvel environnement de travail, de nouvelles missions, de nouveaux collègues et parfois même des nouvelles méthodes de fonctionnement. Le collaborateur cherche progressivement à prendre ses repères et à trouver sa place dans l’entreprise.
Cependant, cette phase d’adaptation apparaît comme l’une des plus sensibles du parcours du collaborateur car 20% des nouvelles recrues envisageraient déjà de quitter leur emploi à la fin de leur première journée de travail (Carrefour RH), 17% des salariés quittent leur entreprise au cours des trois premiers mois suivant leur embauche et près de 30 % des départs interviennent à la fin de la période d'essai (LHH).
Ces départs ne sont pas toujours liés au poste lui-même. Ils peuvent aussi résulter d'un manque d'accompagnement, d'informations ou d'un décalage entre les attentes du salarié et la réalité du terrain.
Comme l’explique Katy Bertrand, Chargée de recrutement et de développement des compétences :
“Des salariés peuvent mettre fin à leur mission parce qu’ils n’étaient pas suffisamment formés ou accompagnés (...). Dernièrement, une candidate a mis fin à sa période d’essai parce que le périmètre du poste de l’entreprise adhérente avait évolué et ne correspondait plus à ce qui lui avait été présenté au départ.”
L’intégration influence l’engagement du collaborateur
La qualité de l’expérience d’intégration a un impact direct sur la motivation du salarié : près de 88 % des salariés ayant bénéficié un parcours d’intégration structurée se déclarent plus engagés et confiants dans leur rôle, contre seulement 43 % pour ceux dont l’intégration a été improvisée (étude de Gallup).
Il y a le même constat sur le travail hybride où 71% des nouveaux employés à distance jugent que la qualité de leur intégration influence fortement leur engagement et leur intention de rester dans l’entreprise (enquête de Korn Ferry).
Mais l’engagement ne repose pas uniquement sur la compréhension des missions ou des objectifs. Il se construit également à travers les relations développées avec les équipes et le sentiment d’être accompagné dès son arrivée notamment grâce à un référent.
Pour Katy Bertrand, cet accompagnement humain est essentiel :
“Il est important de mettre en place un parcours structuré, adapté et surtout humain avec une personne qui va accompagner.”
Un collaborateur qui se sent attendu, soutenu et intégré au collectif sera généralement plus enclin à s’investir dans son travail, à adhérer aux objectifs de l’entreprise et à envisager son avenir au sein de l’organisation.
Cependant, pour donner envie à un salarié de rester durablement dans l’entreprise, l’engagement ne suffit pas toujours. Il doit également développer un attachement à son organisation, à ses équipes et à ses valeurs : c’est ce que l’on appelle le sentiment d’appartenance.
Créer un sentiment d’appartenance pour donner envie de rester
Lorsqu’un salarié se sent reconnu, intégré et aligné avec les valeurs de son entreprise, il est davantage susceptible de s’y projeter sur le long terme.
Ce sentiment se construit dès les premiers jours à travers l’accueil réservé au collaborateur, la qualité des relations avec les équipes, la communication interne ou encore la cohérence entre les valeurs affichées par l’entreprise et leur mise en pratique au quotidien.
“Le sentiment d’appartenance est très compliqué à mettre en place. Je pense qu’il passe par les valeurs de l’entreprise. Il faut expliquer les valeurs de l’entreprise et les mettre en pratique. Plus vous les mettez en pratique, plus vous développez ce sentiment d’appartenance. Réussir l’accueil, créer une cohésion avec les équipes ou encore informer les collaborateurs de l’arrivée d’une nouvelle personne sont autant de petites choses qui permettent au salarié de se sentir attendu et intégré.”
ajoute Katy Bertrand, Chargée de recrutement et de développement des compétences .
Selon le Workplace Learning Report de LinkedIn, 7 salariés sur 10 estiment que la formation renforce leur sentiment d’appartenance à leur entreprise et 8 sur 10 considèrent qu’elle donne davantage de sens à leur travail. En Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, 64 % des collaborateurs déclarent également que la formation améliore leur sentiment d’appartenance à leur organisation.
Pour aller plus loin : découvrez comment la formation peut devenir un véritable pilier de fidélisation dans l’article “Former pour fidéliser : l’arme secrète des entreprises industrielles”
Tout se joue dans les détails : la préparation de l'arrivée du collaborateur, l'équipe qui va prendre le temps d'expliquer, de transmettre et d'accompagner plutôt que de laisser le nouveau venu se débrouiller seul. Ce sont ces petites attentions qui, mises bout à bout, donnent à un salarié l'envie de s'investir et de rester.
Un collaborateur qui se sent accueilli et accompagné, notamment grâce à un référent présent dès les premiers jours, sera généralement plus enclin à s'engager durablement. Cet engagement, une fois installé, finit par se transformer en quelque chose de plus profond : un sentiment d'appartenance, cette conviction de faire partie d'un collectif, de partager ses valeurs et d'avoir sa place dans son histoire.
L'intégration n'est donc pas une case à cocher dans un processus RH. C'est le moment où se joue la première vraie rencontre entre un salarié et son entreprise, celle qui pose les bases de tout ce qui va suivre. Un parcours structuré, adapté à chacun et porté par une présence humaine reste, encore aujourd'hui, le meilleur levier pour transformer une bonne intégration en engagement et en fidélité qui dure dans le temps.
Conclusion
Alliance Emploi est un réseau d’entreprises créé il y a plus de 25 ans. Notre vocation ? La co-création d’emplois durables. Alliance Emploi a développé une expertise dans le recrutement et la mise à disposition de collaborateurs, dans l’accompagnement et le conseil RH.
Nous sommes un acteur de l’emploi sur les territoires, qui permet aux entreprises, sur les bassins d’activité, de se saisir de la question des compétences et d’anticiper leurs mutations.