Salarié boomerang : que révèle le retour des collaborateurs dans leur ancienne entreprise ?

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Quitter son entreprise… et décider d’y revenir.

L’époque où les salariés restaient toute leur vie dans une entreprise est révolue. Le phénomène des salariés “boomerang” s’installe durablement dans le marché du travail. Il en dit beaucoup plus que ce que l’on pense sur l’évolution des parcours professionnels et des enjeux de fidélisation des collaborateurs. 

En France, près de 13 % des salariés déclarent avoir déjà réintégré une entreprise pour laquelle ils avaient travaillé auparavant, selon une étude menée par UKG en 2023.

Pourquoi part-on ? Pourquoi revient-on ? Que révèle ce retour sur l’entreprise ?





Le salarié boomerang : un phénomène en pleine expansion depuis la crise sanitaire

Un salarié boomerang est un collaborateur qui, après avoir quitté une entreprise, décide d’y revenir après une période d’absence.
Cette période d’absence peut être de courte durée ou s’étendre sur plusieurs années.

Si ce phénomène existait déjà avant 2020, plusieurs facteurs liés à la pandémie de Covid-19 ont contribué à l’amplifier et à le rendre plus visible.
La pandémie a profondément modifié la manière dont le travail est intégré dans la vie quotidienne des individus, notamment avec le télétravail, la quête de sens, la réévaluation des priorités personnelles / professionnelles et la pénurie de candidats dans certains secteurs.
Ce sont ces facteurs qui ont conduit un nombre croissant de salariés à repenser leur carrière professionnelle.

Cette période d’introspection a conduit des professionnels à quitter leur emploi, à se reconvertir, à changer de lieux avant de réaliser que leur situation précédente était finalement meilleure. Près de 43 % des travailleurs ayant démissionné de leur emploi pendant la pandémie ont regretté leur choix, selon une étude UKG en 2022.

Certains expliquent qu’après coup, leurs situations précédentes semblaient offrir de meilleurs avantages.

Pourquoi revient-on dans son ancienne entreprise ?

Contrairement à une idée reçue, une démission ne traduit pas systématiquement une mauvaise expérience.

Selon le baromètre LinkedIn de l’emploi (2023), la proportion de salariés optant pour un retour au sein de leur entreprise d’origine a connu une hausse significative de 36 % en trois ans. Dès 2021, les salariés boomerang représentaient déjà 4,5 % de toutes les embauches selon LinkedIn.

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Au-delà de ces chiffres, ce sont les motivations du retour des collaborateurs qui éclairent véritablement ce phénomène.


Une enquête menée par le cabinet Keltis révèle que 53 % des collaborateurs reviennent avant tout pour la culture d’entreprise. L’attachement aux valeurs, à l’ambiance de travail et aux relations humaines apparaît comme un élément important de retour.

Ensuite, il y a des considérations plus pragmatiques : 26 % des personnes interrogées estiment que la rémunération et les avantages sont finalement plus compétitifs et 21 % constatent que les perspectives d’évolution étaient plus attractives dans leur ancienne entreprise.

À ces raisons s’ajoutent des facteurs personnels : la proximité géographique, le changement de situation familiale, les relations positives avec l’équipe.


Mais le retour ne s’explique pas uniquement par comparaison ou regret. Il peut aussi traduire une forme de maturation professionnelle. Certains collaborateurs reviennent parce que leurs objectifs de carrière correspondent davantage aux opportunités proposées par leur ancien employeur. D’autres réalisent que leurs aspirations profondes comme le sens, la stabilité, l’environnement humain, sont mieux alignées avec leur expérience passée.


L’amélioration des conditions de travail joue également un rôle : des évolutions positives dans la culture, l’environnement professionnel, une meilleure ambiance, des politiques de télétravail plus flexibles peuvent donner envie à un employé de revenir.

C’est précisément ce que montre l’expérience d’Alexandra Dubois, directrice adjointe d’agence chez Alliance Emploi à Cambrai.

Alexandra salariée Alliance Emploi

Alexandra Dubois a rejoint Alliance Emploi en octobre 2015 dans le cadre d'une alternance de deux ans au service RH, pour valider sa licence et son master. En 2019, lors d'une restructuration, elle prend un poste de manager paie et RH, basé à Valenciennes, avec la responsabilité de plusieurs agences. Un poste qui, au fil du temps, ne lui correspond plus tout à fait. Fin décembre 2023, elle décide de partir pour un autre projet professionnel.

“Ce sont plus les missions que l’entreprise que j’ai quittées. J’avais fait le tour de mon poste sur la paie, et je ne voulais pas rester sur cette étiquette qui ne correspondait pas à 100 % à mon profil”
souligne Alexandra Dubois, directrice adjointe chez Alliance Emploi Cambrai.


Réembaucher un salarié boomerang : un choix stratégique ?


Pour les recruteurs et les ressources humaines, le retour d’un ancien collaborateur peut sembler une situation peu courante. C’est pourtant une vraie opportunité stratégique. Le Figaro Emploi liste les cinq avantages majeurs du retour d’un salarié boomerang :

  • un processus de recrutement plus rapide et moins coûteux : l’entreprise connaît déjà le profil, les forces et les axes de progression du salarié.
  • un collaborateur en terrain connu : culture d’entreprise, processus internes, équipes…
  • un retour souvent motivé et dynamisé : le salarié revient avec une vision plus claire de ce qui l’intéresse.
  • un savoir-faire renforcé : les compétences acquises à l’extérieur viennent enrichir le profil existant.
  • un effet boostant sur les collègues : le retour d’un collaborateur apprécié renforce la cohésion d’équipe.

Le retour d’un ancien collaborateur ne constitue pas seulement un gain opérationnel. Il permet de montrer la qualité de l’environnement proposé par l’entreprise.

Comme le souligne la plateforme spécialisée AssessFirst, la réintégration d’un salarié boomerang témoigne de l’attractivité de l’entreprise : si un professionnel choisit de revenir après avoir exploré d’autres horizons, c’est que l’entreprise a su laisser une empreinte positive, tant sur le plan humain que professionnel.

Pour Alexandra, ce départ n’a pas été un échec mais un élément déclencheur : “ ce qui m’anime profondément, c’est l’environnement de travail, les projets portés par l’entreprise et la valeur concrète qu’elle apporte à ses adhérents. “
Autant d’éléments qu’elle retrouve pleinement chez Alliance Emploi : c’est pour cela qu’elle a réintégré l’entreprise en avril 2024.

“Je pense que beaucoup de personnes sont amenées, à un moment ou un autre, à revenir dans une entreprise où elles ont travaillé. On part, on prend du recul… et on revient avec des compétences supplémentaires.”
explique Alexandra Dubois.

Ce que le phénomène boomerang révèle de la marque employeur


Les salariés boomerang constituent aujourd’hui un indicateur révélateur de la marque employeur d’une entreprise.

Réintégrer d’anciens collaborateurs n’est pas anodin : cela signifie que l’entreprise a su maintenir une relation suffisamment positive pour que le départ ne soit pas vécu comme une rupture définitive. Revenir est un choix.

construction relation

Pour Alliance Emploi, ces retours s’inscrivent dans un travail de fond sur l’accompagnement des collaborateurs.

Les attentes des nouvelles générations ont évolué. Elles interrogent davantage le sens, la culture, l’environnement et la cohérence des valeurs portées par l’entreprise. Les entreprises doivent s’adapter pour maintenir leur marque employeur.


“La culture d'entreprise et les valeurs comptent beaucoup plus qu'on ne le pense. Bien plus que les tâches elles-mêmes.” ajoute Alexandra Dubois.


Son parcours met en lumière une réalité souvent sous-estimée : retenir à tout prix un collaborateur qui souhaite partir n’est pas nécessairement la meilleure réponse.


“L’entreprise a cherché à me garder mais j’ai ressenti le besoin d’explorer une nouvelle étape. Mais ce départ m'a permis de réfléchir autrement et de me rendre compte de ce qui était vraiment important pour moi. Tout le monde est amené à revenir dans une entreprise où il a travaillé. Dans mon cas, ce départ a renforcé mon attachement. La fidélisation est plus forte. Il serait beaucoup plus difficile pour moi de repartir une seconde fois.” confirme Alexandra Dubois.


Le phénomène des salariés boomerang traduit une évolution profonde des trajectoires professionnelles, des attentes des collaborateurs et des relations qui les unissent à leur employeur.
Pour Alliance Emploi, ces retours ne sont pas perçus comme des exceptions, mais comme le signe d’une relation de confiance durable. Lorsqu’un collaborateur choisit de revenir, l’engagement qui en découle est souvent plus solide et plus pérenne.

Qui sommes-nous ?

Alliance Emploi est un réseau d’entreprises créé il y a plus de 25 ans. Notre vocation ? La co-création d’emplois durables. Alliance Emploi a développé une expertise dans le recrutement et la mise à disposition de collaborateurs, dans l’accompagnement et le conseil RH.

Nous sommes un acteur de l’emploi sur les territoires, qui permet aux entreprises, sur les bassins d’activité, de se saisir de la question des compétences et d’anticiper leurs mutations. 

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