Transformer l’échec en force au travail : changer de regard pour progresser. Côté collaborateur comme manager
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Avant de savoir marcher, un enfant tombe. Beaucoup. Et pourtant, personne ne lui parle d’échec. Tomber est normal, attendu, nécessaire.
Alors pourquoi, une fois adulte et particulièrement au travail, l’échec devient-il si lourd ? Pourquoi la moindre erreur peut-elle donner l’impression de perdre en crédibilité, en confiance, ou en valeur professionnelle ?
La réalité est simple : l’échec fait partie de l’apprentissage. Ce qui change tout, c’est le regard qu’on pose dessus et la manière dont on l’exploite, individuellement et collectivement.
Sommaire :
Pourquoi l’échec est si difficile à vivre en entreprise ?
L’échec ne fait pas mal uniquement pour le résultat. Il peut toucher l’image de soi, le regard des autres, et la peur des conséquences.
En entreprise, l’échec peut être associé à la crainte d’être jugé, d’être moins légitime, ou de perdre en autonomie.
Pourtant, le monde du travail attend de plus en plus de l’initiative, de l’autonomie, de la créativité et de l’adaptation.
Et ces compétences impliquent nécessairement une part d’essais, d’ajustements et d’erreurs.
L’enjeu n’est donc pas de supprimer l’échec, mais d’apprendre à gérer la peur de l’échec et à en faire un levier de progression.
Les 3 réactions face à l’échec : déni, fusion ou apprentissage
1) Le déni : “Ce n’est pas moi”
Le déni consiste à attribuer l’échec uniquement au contexte : le timing, l’organisation, les collègues, le manager ou la malchance. Cette réaction est compréhensible, mais elle empêche de tirer des enseignements concrets.
2) La fusion : “J’ai échoué donc je suis nul”
Dans cette posture, l’échec devient une identité. On ne distingue plus ce qui a été fait de ce que l’on est. C’est la réaction la plus paralysante : elle entretient la honte, le doute, l’évitement et la peur de recommencer.
3) L’apprentissage : “Qu’est-ce que ça m’enseigne ?”
La posture d’apprentissage consiste à reconnaître que l’échec est inhérent à l’action. Il n’est pas une fin, mais une étape. Elle permet de transformer une situation inconfortable en ressource utile pour la suite.
Point de vue collaborateur : transformer un échec en levier de progression
Un échec professionnel peut prendre mille formes : une erreur sur un dossier, un objectif non atteint, une mauvaise décision, un projet qui n’aboutit pas, une communication maladroite ou une prise de parole ratée.
Dans tous les cas, l’échec touche souvent la confiance.
1) Ne pas “positiver” trop vite
Un échec génère une charge émotionnelle : frustration, colère, honte, stress ou déception. Vouloir passer trop vite à l’étape “apprentissage” peut empêcher de digérer l’événement. Il est important d’accepter l’émotion pour pouvoir ensuite passer à l’analyse.
2) Séparer l’action de l’identité
Le basculement le plus important est de distinguer “je me suis trompé” de “je suis nul”. Une erreur est un acte, pas une définition de la personne.
Une phrase utile à garder : “J’ai fait une erreur, mais je peux apprendre et corriger.”
3) Utiliser une méthode simple : émotion, analyse, action
Pour transformer un échec, il faut lui donner un cadre clair.
- Accueillir : nommer ce qui est ressenti et ce qui a été touché (pression, besoin de reconnaissance, peur du jugement).
- Analyser : comprendre ce qui n’a pas fonctionné, ce qui dépendait de soi, et ce qui ne dépendait pas de soi.
- Agir : définir une action simple et réaliste pour faire différemment la prochaine fois.
4) Rechercher les apprentissages cachés
Même lorsque le résultat est décevant, une expérience peut développer des compétences importantes : gérer une contrainte, travailler sous pression, mieux s’organiser, poser des limites, demander de l’aide au bon moment. Ce que l’on retient du parcours compte autant que la conclusion.
Point de vue manager : accompagner l’échec pour en faire un apprentissage collectif
1) Comprendre l’impact managérial sur la prise d’initiative
Dans un environnement où l’erreur est sanctionnée, les collaborateurs réduisent leurs initiatives pour se protéger.
Ils évitent les risques, limitent leurs propositions et préfèrent rester dans une zone perçue comme “sûre”.
À long terme, cela freine l’innovation, l’engagement et la performance.
2) Séparer la personne du problème
Un manager peut être exigeant sans être humiliant. L’objectif est de traiter l’événement, pas de fragiliser l’identité. Dire “voilà le problème” est plus utile que sous-entendre “tu es le problème”.
Une phrase simple qui change tout : “On va comprendre ce qui s’est passé et apprendre de cette situation.”
3) Privilégier le feedback utile plutôt que le reproche
Après un échec, le reproche provoque souvent peur et blocage. Le feedback utile ouvre une solution. Il peut se structurer avec trois questions :
- Qu’est-ce qui s’est passé, factuellement ?
- Qu’est-ce qu’on apprend ?
- Qu’est-ce qu’on met en place pour la suite ?
4) Installer une culture d’amélioration continue
Les organisations qui progressent vite ne sont pas celles qui ne se trompent jamais. Ce sont celles qui transforment leurs erreurs en apprentissages partagés. Cela peut passer par des rituels simples : retours d’expérience, points “ce qu’on garde / ce qu’on change”, partage des corrections mises en place, documentation des bonnes pratiques.
5) Réduire la répétition de l’erreur plutôt que chercher le “zéro échec”
L’erreur est humaine. Le véritable enjeu professionnel est de limiter sa répétition en capitalisant sur ce qu’elle révèle. Cela renforce à la fois la performance, la qualité et la confiance dans l’équipe.
Découvrez notre épisode de "Ressources", le podcast d'Alliance Emploi
« Changer de regard sur l’échec » est un épisode du podcast "Ressources" dans lequel Elvira Shvekher, facilitatrice et consultante chez Coboost, ainsi que formatrice à la Cité du Management, partage son expérience et ses conseils pour faire de l’échec un véritable levier de progression, aussi bien sur le plan individuel que collectif.
Conclusion : faire de l’échec une ressource durable
L’échec fait partie de la condition humaine. Il peut être inconfortable, frustrant et parfois difficile à encaisser. Mais il peut aussi devenir un levier puissant de progression.
Du point de vue du collaborateur, l’échec permet de gagner en lucidité, en compétences et en confiance réelle. Du point de vue du manager, l’échec est une opportunité de développer un climat d’équipe plus solide, plus apprenant et plus performant sur le long terme.
Changer de regard sur l’échec, c’est se donner le droit d’apprendre, d’évoluer et de construire une réussite plus durable.
Ressources, le podcast d'Alliance Emploi
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